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Les groupes et les albums qui ont (failli) révolutionner l'histoire du Hard-Rock |
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Cette section est proposée par Patrice, Baron, Thierry.D, Sylvain.G et Christophe... A eux cinq, la mémoire vivante du Hard-Rock français... Merci à vous. |
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PRESENCE
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PRESENCE
Pat Hinorson:
lead vocals, lead guitar |
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Avec des influences principales qui se situeraient quelque part entre Scorpions, Def Leppard et Y&T, PRESENCE signe avec ce "Rock Your Life" un album tout à fait "exportable" qui a tout ce qu'il faut pour faire un carton. Et tout ça sans pour autant renier ses origines s'il vous plait! En attestent les couleurs du logo et les quelques notes de la "Marseillaise" qui émaillent l'intro et le solo de "Paris'
Burning". Le groupe pratique un hard mélodique à dominante grosses guitares dans lequel les refrains, d'une précision implacable (textes simplistes immédiatement mémorisables et chœurs particulièrement travaillés), font mouche à tous les coups! Sylvain.G. |
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KAROLINE |
KAROLINE
Serge Tafini:
chant |
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Nous sommes en 1980 et le "Répression" de Trust vient tout juste de décrocher le jackpot. Par l'odeur de l'argent alléchées, toutes les maisons de disques se mettent alors à signer leur groupe de hard français... Chez WEA, on mise sur KAROLINE et on ne s'y trompe pas car l'unique album du groupe est, encore aujourd'hui, un monument au panthéon du hard rock made in France! De la pochette, sur laquelle les membres du groupe pausent dans une décharge publique, aux textes graveleux à souhait (mais comment les paroles de "Biftons" ou "Compartiment Nana" ne figurent-ils pas encore dans quelque anthologie de la poésie française?), en passant par la musique, du rock dur et sale comme on le pratique si bien là-bas en Australie, tout n'est qu'affaire de bon goût chez KAROLINE! Blague à part, on est ici en présence de 9 brûlots agrémentés d'une voix éraillée tout juste ce qu'il faut, de guitares incisives et de quelques jolis refrains. A ce titre, celui de "Couche-toi sur mes rêves" qui, au passage aurait fait un excellent single, est particulièrement efficace. Et comme si tout ça ne suffisait pas, la maison de disque a la lumineuse idée de faire presser le disque sur du vinyle rouge! Mais que demande le peuple?!!! Ben... Si le hardos ne s'y est pas trompé en adorant cet album, le peuple, lui... KAROLINE ne sera pas le nouveau Trust et WEA ne lui fera pas enregistrer d'autre album... C'est comme ça que ça se passe au pays merveilleux du rock business! Sylvain.G |
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SPEED QUEEN |
SPEED QUEEN |
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Après deux titres ("Be Bad Man" et "One Of These Days") sur la compilation "Rock d'ici vol.2" en 78 et un premier album en 80, SPEED QUEEN débarque chez CBS et enregistre un album magistral!
Pour des raisons commerciales évidentes, le groupe s'est mis - ou lui a-t-on demandé de se mettre? - au français pour l'occasion. C'est que CBS aussi est à la recherche du "nouveau Trust" grâce auquel la boîte de disques décrochera la timbale...
Quoi qu'il en soit, ce changement de langue s'avère payant puisque le résultat est largement supérieur aux premiers essais du groupe. Il est vrai que, contrairement à leurs prédécesseurs, les titres de cet album
bénéficient d'une bonne production qui change un peu la donne. Le hard de SPEED QUEEN, très AC/DCien, a déjà à la base de quoi faire bander l'impuissant le plus incurable. Mais, ajouté à ça la voix très rock'n'roll et sexy (ah ! ces petits cris aigus dans " Aéroplane Man " !…) de Stewie, on a vraiment là de quoi réveiller un mort !!! Bref, SPEED QUEEN a inventé le viagra avant l'heure et il le prouve d'entrée avec un " Haute Tension " particulièrement jouissif ! Incontestablement une des pierres angulaires du Hard Rock à la française.
Certains titres, comme " Pas tout Seul " ou " Cool It Down ", auraient quant à eux très bien pu passer à la radio. Sylvain.G. |
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SHAKIN' STREET 1980
Solid as a Rock |
SHAKIN' STREET
Fabienne Shine : Lead Vocal |
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L'arrivée de "Solid as a Rock" (nom donné à l'album par les journalistes car celui ci n'en comporte pas à l'origine), en 1980 est une bénédiction pour tout les fans de "Rock Dur" en France. Car à part TRUST,
GANAFOUL, et 2 ou 3 autres formations, il n'y a pas grand chose à se mettre entre les oreilles.
Deux ans après un premier essai du nom de "Vampire Rock", Fabienne Shine revient avec un groupe de musiciens
expérimentés dans l'espoir de casser la baraque. Dotée d'une superbe voix (et d'un agréable physique) et d'un bon sens de la composition, Fabienne méne son groupe d'une main de
maître. D'ailleurs, elle à toujours su s'entourer, jugez donc : La première
mouture du groupe, au milieu des années 70 est composée d'Eric Lewy à la guitare, de Fabienne Shine au chant, de Louis Bertignac à la 2éme guitare et de Corinne Marienneau à la basse. Pour les incultes, ces 2 derniers partiront former TELEPHONE avec Jean-Louis Aubert. Eric Lewy (de son vrai nom Eric Levi) deviendra compositeur de musiques de films (Les Visiteurs, Subway, etc...) et sortira quelques albums sous le nom d'ERA. Mais, pour rester dans le Hard Rock, le fait d'armes de la charmante demoiselle sera d'embaucher un inconnu du nom de Ross the Boss, qui,
après cet album, retournera aux Etats-Unis former MANOWAR. Et si Ross ne porte pas encore de tutu en peau de bête, il n'en reste pas moins un formidable guitariste qui pond des solos d'extra-terrestre pour l'époque.
D'ailleurs, dés le premier titre, on se rend contre que c'est un groupe hors du commun. "No compromise" porte bien son titre, le son est brut de fonderie, les changements de rythmes fréquents, alliant puissance et mélodie et bien sur la voix de Fabienne Shine qui porte la formation à un niveau que peu de groupes français peuvent prétendre.
Avec quelques influences du coté d'AC/DC (Soul Dealer), un petit quelque chose de TRUST dans certaines rythmiques (Every Man, Every Woman is a Star), pas mal de Blues
sur vitaminé, cet album fait partie des fondements du Hard Rock français et il faudra attendre quelques années avant de retrouver cette hargne chez d'autres groupes. Car Fabienne sait moduler sa voix en fonction des titres comme sur "No Time to Lose", ou elle se fait tour à tour criarde et puissante ou presque chuchotée. Il y a aussi un petit coté Punk dans "Solid as a Rock" et son faux son live. Sans oublier bien sur, la ballade de rigueur, "Susie Wong" qui servira de
modèle à certains titres de TELEPHONE. Baron. |
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KILLERS
fils de la haine 1985
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KILLERS Bruno Dolhéguy : guitare rhythmique Patrice LeCalvez : chant Didier Deboffe : guitare solo Pierre Paul : basse Michel Camiade : batterie |
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Nous sommes en 1985 ! 5 jeunes Basques vont préférer jouer du Heavy metal plutôt que de participer à des courses d'échasses.
Très influencés par les grands noms de la NWOBHM, ils vont néanmoins réussir à percer avec cet album qui 20 après, reste un standard du métal Français.
Il faut dire que rien ne manque à l'appel : Christophe |
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| KILLERS DANGER DE VIE 1986 1. HEAVY METAL KIDS 2. L'ASSASSIN 3. BOUFFON 4. PARABELLUM 5. MAîTRE DU METAL 6. DELIRE DE MORT 7. MINORITE 8. A LA SANTE DE BON |
KILLERS Patrice Le Calvez: chant Bruno Dolhéguy: guitare rythmique Didier Deboffe : guitare solo Pierre Paul: basse Michel Camiade: batterie |
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Fort d'un premier album unanimement acclamé et après un changement de label, KILLERS revient avec le très attendu " Danger de Vie ".
Derrière les mannettes, Laurent Thibault n'en est pas à son coup d'essai puisqu'il a notamment produit le génial " Champagne pour tout le monde " d'Higelin. C'est pourtant au niveau du son que le bas blesse… De brouillon sur " Bouffon ", il tourne carrément au sabotage sur " Maître du Métal " ! Erreur de réglages ou début de surdité (c'est ce qui se racontait) de l'ingénieur du son ? On peut en tout cas déplorer que la guitare solo vienne cochonner - un comble chez un groupe de Heavy Metal ! - l'ensemble d'un disque qui n'en reste pas moins un très grand album.
C'est vrai que ce n'est pas forcément facile de faire abstraction de ce son dégueulasse… N'empêche que " Danger de Vie " recèle quelques perles dont " L'assassin " et " Délire de Mort ", qui font encore aujourd'hui partie des temps forts des concerts de KILLERS, ne sont pas les moindres ! Le premier, très " Acceptien " dans ses " oh ! oh ! oh ! " (qui font la joie des foules) et ses passages
basse/batterie, est un pur joyau. Un de ces morceaux à l'écoute desquels on se dit immanquablement : " C'est pour ça que j'aime le Métal ! ". Le second, une " power ballad " d'enfer agrémentée d'un texte très poignant, est tout simplement une des plus belles chansons jamais écrite ! Si !!!
Les autres titres ne sont pas en reste. On peut citer " Minorité ", consacré à la cause Basque (et plus généralement à la lutte contre toutes les formes d'oppression), l'hymne métallique " Heavy Metal Kids " ou le furieux " Maître du Métal " comme autant de tueries !
L'album s'achève par un morceau dédié à Bon Scott à la fin duquel, bel hommage, on entend les derniers mots enregistrés par le chanteur d'AC/DC. On peut alors se demander si on ne tient pas là ce qui aurait pu être le " Highway To Hell " de KILLERS, si jamais il avait bénéficié d'une meilleure production… Sylvain.G |
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KILLERS |
KILLERS |
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Après avoir recruté de nouveaux musiciens, Bruno Dolhéguy revient à la charge avec ce troisième album de KILLERS. Il en est dorénavant le seul membre d'origine et on découvre au passage qu'il s'y affirme en tant que leader incontesté. Bien sûr, on s'était déjà rendu compte auparavant que c'est lui qui s'occupait " des affaires " du groupe, qu'il en était un des principaux compositeurs et, surtout, le principal auteur (un seul texte des deux premiers albums n'est pas signé de sa main). Mais, s'il n'avait jamais cherché à se mettre particulièrement en avant, dès les premières notes de " Rockstar Limite ", on s'aperçoit qu'on est en train d'écouter une sorte d'autobiographie du guitariste. Ce disque lui est tellement personnel qu'il va même, pour la première fois, jusqu'à en jouer la plupart des solos.
Ce n'est pas la fleur à la bouche que KILLERS est de retour mais plutôt le couteau entre les dents ! " Mise aux poings " est un concentré de rage, incontestablement l'album le plus hargneux de la discographie du groupe ! Bruno l'écrit, il a " la haine contre tous " et, du milieu du Hard en France (" Show Business ") à la mort elle-même (" Loin de nous tous "), tout le monde en prend pour son grade !!!
Pour traduire toute cette fureur, Serge Pujos est bien obligé de mettre ses tripes sur la table et il les crache avec une rare violence. On souffre avec lui du début à la fin et on termine en apothéose, mais à genoux, sur la dernière envolée de " Seul ". Très éprouvant pour les nerfs le chant.
Musicalement, on a toujours affaire à ce Métal, tantôt heavy, tantôt speed, qu'affectionne KILLERS (et nous aussi !). Quelques petites touches mélodiques viennent cependant enrichir sa musique. L'ensemble des titres, avec une mention spéciale à ceux déjà cités, est en tout cas excellent. Même si " Illusion " sort un peu du lot grâce, notamment, à un refrain très accrocheur. Sylvain.G |
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| TITAN 1986 1. INTRO 2. G.I'S HERITAGE 3. L'IRLANDE AU COEUR 4. ULTIMATUM 5. BLACK POWER 6. LA LOI DU METAL 7. ENFANT DE LA GUERRE 8. DAMIEN 9. POPEYE LE ROAD |
TITAN Patrice Le Calvez: chant Didier Deboffe: guitares Sébastien Blanc: guitares Pierre Paul: basse Michel Camiade: batterie |
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Quand on sait que quatre musiciens sur les cinq qui composent le groupe ont participé aux enregistrements des deux premiers albums de Killers. Quand on sait qu'ils ont fait appel au même ingénieur du son (Laurent Thibault en l'occurrence). On ne peut plus s'étonner que l'unique album studio de TITAN ressemble beaucoup à un disque de Killers ! Des titres comme " La Loi du Métal ", " Ultimatum " ou " G.I's Héritage " n'auraient en effet pas fait tache sur un éventuel troisième album avec Bruno Dolhéguy… Mais, après tout, on ne va pas se plaindre de se retrouver avec deux excellents groupes au lieu d'un seul! Comme entrée en matière, ce premier album de TITAN augure du meilleur pour son avenir. Alternant les titres rapides et des titres plus heavy (" Black Power " est un vrai régal !), il ne comporte aucune faiblesse et son écoute est fort plaisante. Evidemment, il faut aimer le timbre si particulier de son chanteur. Il est vrai que, lorsque le groupe s'essaie à faire une " vraie " ballade, ça coince quand même un peu à ce niveau là : " Enfant de la Guerre " est une jolie chanson, bien faite, mais il faut bien reconnaître que la voix " dirkschneiderienne " de Patrice Le Calvez convient assez mal à ce genre d'exercice. Mais tout ça n'est que chipotage qui n'empêche pas de goûter son plaisir jusqu'aux dernières notes du disque ! D'autant qu'il se termine de belle manière (et sur un ton très humoristique) sur l'évocation de la vie d'un roadie en tournée. Le " We are the Road Crew " à la sauce française en quelque sorte ! C'est d'ailleurs sous le titre de " Popeye le Road " que TITAN sortira son deuxième album en 1988. Un live, enregistré au même endroit et le même soir que le " Exécution Publique " de ADX, qui procure de surcroît à l'auditeur l'occasion d'écouter les premières versions enregistrées en concert de quatre titres de Killers Malheureusement, on n'entendra plus parler de TITAN par la suite… Didier Deboffe sera le dernier membre du groupe à faire parler de lui en enregistrant une démo (" Belfast ") en 1990. Sylvain.G |
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| ATTENTAT ROCK " le gang des saigneurs " 1984
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ATTENTAT ROCK Hervé RAYNAL : guitare solo Didier Rochette: Chant/Guitare Pierre Brémond: Basse Thierry Gaulme: Batterie |
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1984 ? Qu'est ce que cette année évoque pour vous ? Oui OK la jeunesse perdue à tout jamais, l'équipe de France de foot championne d'Europe, le brillantissime roman de Georges Orwell, mais encore ? 1984, c'était les années heavy metal par excellence. Rappelez vous (je m'adresse aux gens nés en gros de 1960 à 1970) votre besace " US " pour aller au bahut sur laquelle vous aviez écrit TRUST au marqueur. Vous vous distinguiez par vos jeans élastiques hyper moulants, par vos T-shirts noires sans manches et par vos baskets montantes souvent délacées. Tous les mois vous lâchiez 10 F chez le marchand de journaux du coin pour y acheter ENFER magazine. Vous tondiez la pelouse de vos parents afin de gagner un peu de menue monnaie afin d'acheter vos disques préférés ou des K7 vierges pour enregistrer les dernières sensations Américaines, Anglaises ou Allemandes…. Bref vos étiez un " Hardos " pur et dur. Et dans ces années là, la scène metal Française sans être révolutionnaire accoucha de bon nombre de combos tous disparus de nos jours mis à part KILLERS de Bayonne. Et parmis ces groupes, ATTENTAT ROCK nous venait du midi de la France. Ils avaient sorti un premier 33 T éponyme deux ans auparavant qui ne s'était guère fait remarquer, proposant un rock/Hard efficace sans être pour autant transcendant. Les méditerranéens sortent donc en 1984 " le gang des saigneurs " et là plus de quartiers ! Le titre de l'album est plus que significatif et la pochette (un point métallique qui surgit) pas moins ! Musicalement, le groupe s'inspire des grands noms de la NWOBHM (MAIDEN entre autre pour les sections mélodiques), de JUDAS PRIEST pour certaines parties rythmiques acérées et aussi par AC/DC pour certains exercices vocaux. Le chant est en Français mais ça n'a pas un intérêt extraordinaire car il est largement sous mixé ce qui avec le recul s'avère dommage car Didier Rochette avait un timbre de voix très intéressant. Le vocaliste avait certaines intonations rocailleuses à la Bon SCOTT/UDO mais paradoxalement était également capable d'atteindre certaines notes assez hautes perchées. La guitare lead n'est pas en reste et Hervé Raynal nous pond quelques soli particulièrement incisifs sur " cœur de pierre " notamment, sans oublier la section basse/batterie efficace. Bref un excellent album de " heavy hard rock metal " qui presque 20 ans n'a (presque) pas pris une ride. Il a été réédité par Brennus en 1999 et doit encore largement disponible. Pour votre gouverne sachez que c'est un des albums de cette époque qui tourne le plus régulièrement chez moi. Christophe. |
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